Une vaste étude de Harvard relance le débat sur la place des pommes de terre dans notre alimentation : selon ses résultats, tout dépendrait moins du tubercule lui-même que de la manière dont il est préparé.
Une équipe de la Harvard T.H. Chan School of Public Health a publié dans le British Medical Journal une vaste étude prospective évaluant la relation entre la consommation de pommes de terre et le risque de diabète de type 2 (DT2). L’analyse a porté sur 205 107 participants issus des cohortes Nurses’ Health Study I & II et Health Professionals Follow-up Study, suivis sur plus de 30 ans. Les modèles statistiques ont été ajustés sur de multiples facteurs de confusion (mode de vie, statut socio-économique, antécédents médicaux).
Au cours du suivi, 22.299 cas de DT2 ont été recensés. Les résultats indiquent que la consommation de trois portions hebdomadaires de frites est associée à une augmentation de 20 % du risque de DT2, comparativement à une consommation faible ou nulle. En revanche, aucune association significative n’a été observée pour les pommes de terre cuites au four, bouillies ou en purée.
L’étude rapporte également qu’un remplacement des pommes de terre par des céréales complètes, quelles qu’en soient la forme ou la préparation, entraînerait une réduction de 4 % de l’incidence du diabète. Cette observation concorde avec les résultats d’une méta-analyse regroupant 13 études indépendantes.
Selon l’auteur principal, Seyed Mohammad Mousavi, ces données soulignent l’importance du mode de préparation et du contexte alimentaire plutôt que de la simple classification d’un aliment comme « bon » ou « mauvais ». En termes de santé publique, la limitation des frites et la promotion de sources de glucides à index glycémique bas, notamment les céréales complètes, pourraient contribuer significativement à la prévention du DT2.
En conclusion, cette étude renforce la nécessité de différencier les types et modes de préparation des pommes de terre dans les recommandations nutritionnelles. Tous les glucides, et même toutes les pommes de terre, ne se valent pas d’un point de vue métabolique.








