Légionellose et pneumocoque: une nouvelle méthode de diagnostic

Le CHU de Liège a annoncé vendredi la mise en place d'une nouvelle méthode de diagnostic permettant de détecter plus rapidement et plus précisément les infections respiratoires graves dues à la légionelle et au pneumocoque. Il s'agit d'une première en Belgique, alors que le nombre de cas rapportés est en augmentation ces dernières années.

La technique repose sur un dosage immunologique direct par chimiluminescence (CLIA), une réaction chimique produisant de la lumière. Elle est utilisée pour mesurer avec précision la présence d'antigènes dans les urines.

"Ce test repose sur un dosage immunologique direct de type sandwich", explique le Dr Pablo Beckers, médecin au service de microbiologie clinique du CHU de Liège. "Un anticorps capte l'antigène, un second anticorps marqué se fixe sur un autre site, et l'ensemble déclenche une réaction lumineuse proportionnelle à la quantité de pathogène présent. Grâce à cette chimie très précise, de petites quantités de bactéries peuvent déjà être détectées."

Jusqu'ici, les laboratoires belges recouraient à des tests rapides, comparables aux autotests Covid-19. "Le test CLIA, lui, est plus sensible, moins dépendant de l'interprétation humaine et surtout capable de détecter plus de formes différentes de chaque bactérie."

"Chez l'adulte hospitalisé, aucun pathogène n'est identifié dans près de 60 % des cas", rappelle le microbiologiste. "Pouvoir mieux identifier l'agent infectieux va faciliter la vie du médecin dans la prise en charge. Pour le patient, c'est la garantie de recevoir plus rapidement le bon traitement, ce qui est particulièrement crucial pour les patients fragilisés, premières victimes des légionelles."

La nouvelle méthode se distingue également par l'étendue de sa couverture : elle a été validée sur 91 sérotypes de pneumocoques et 12 sérogroupes de légionelles, alors que les tests précédents ne couvraient qu'une vingtaine de sérotypes de pneumocoques et uniquement le sérogroupe de légionelle le plus fréquent. "Cela signifie qu'un nombre accru de cas va pouvoir être détecté", se réjouit le Dr Beckers.

Déjà en usage dans plusieurs pays européens, cette technologie arrive pour la première fois en Belgique. "Nos collègues étrangers soulignent surtout l'apport pour la détection des légionelles qui ne relèvent pas du principal sérogroupe", ajoute le médecin. "Or, ces cas moins connus représenteraient jusqu'à 20% des infections."

Les infections respiratoires basses, souvent causées par la légionelle ou le pneumocoque, représentent la première cause de mortalité infectieuse dans le monde, avec environ 2,5 à 2,7 millions de décès chaque année. Le nombre de cas liés à ces bactéries a fortement augmenté en Belgique au cours de la dernière décennie.

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