Une étude publiée le 9 mars dans l’European Heart Journal montre que la quantification automatisée des calcifications artérielles mammaires sur les mammographies de dépistage permet d’identifier les femmes à risque d’événements cardiovasculaires majeurs et de mortalité. Les auteurs observent que cette analyse par intelligence artificielle, réalisée à partir d’images déjà disponibles, apporte une information pronostique supplémentaire par rapport aux scores de risque cardiovasculaire existants.
Les maladies cardiovasculaires restent sous-diagnostiquées et sous-traitées chez les femmes. Dans ce contexte, des chercheurs ont évalué l’intérêt des calcifications artérielles mammaires (breast arterial calcification, BAC), visibles sur les mammographies de dépistage, comme marqueur du risque cardiovasculaire.
L’étude repose sur l’analyse rétrospective de 123 762 femmes issues de deux systèmes de soins ayant bénéficié d’une mammographie de dépistage. Les calcifications ont été détectées et quantifiées automatiquement par un algorithme d’intelligence artificielle appliqué aux images.
Les calcifications ont été classées en quatre catégories selon leur surface : absence (0 mm²), légère (>0–10 mm²), modérée (>10–25 mm²) et sévère (>25 mm²).
Des calcifications artérielles mammaires ont été détectées chez 16,1 % des femmes dans la cohorte interne et chez 20,6 % dans la cohorte externe.
Après ajustement sur le score PREVENT, utilisé pour estimer le risque cardiovasculaire, une relation dose–réponse apparaît entre la sévérité des calcifications et le risque d’événements cardiovasculaires majeurs (major adverse cardiovascular events - MACE).
Par rapport à l’absence de calcification, les calcifications légères sont associées à un risque accru (HR 1,32 dans la cohorte interne ; 1,28 dans la cohorte externe), les calcifications modérées à un risque plus élevé (HR 1,75 et 1,79) et les calcifications sévères à un risque nettement majoré (HR 3,29 et 2,80).
Chaque augmentation de 1 mm² de calcification est associée à une hausse supplémentaire du risque de MACE de 2 à 3 %.
Les auteurs concluent que la quantification automatisée des calcifications artérielles mammaires constitue un prédicteur indépendant d’événements cardiovasculaires majeurs et de mortalité, apportant une valeur pronostique supplémentaire au score PREVENT.
Selon eux, cette approche pourrait permettre une évaluation opportuniste du risque cardiovasculaire lors des mammographies de dépistage, sans exposition supplémentaire aux rayonnements et sans examen complémentaire, afin d’orienter plus précocement les stratégies de prévention chez les femmes.








